[Texte] Révolution - Nartolex

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[Texte] Révolution - Nartolex

Message  Gaetan le Mer 15 Juin - 17:02

C'est un texte que j'avais écrit pour la websérie challenge Révolution de Sweeps Quirks. Comme la chaîne a disparu et que chaque épisode est indépendant, je me suis dit que je pourrais poster mon épisode ici. C'est loin d'être parfait, j'avais écrit ça en vitesse afin de respecter la deadline, la fin est un peu abrupte mais j'avais pris du plaisir en l'écrivant. Peut-être que je le retravaillerai un jour donc si vous avez des suggestions ou critiques n'hésitez pas !


Le diagnostic est tombé. Une tumeur de l’hypophyse. Inopérable. Je ne suis pas surpris. Voilà plusieurs années que le nombre de ces tumeurs a considérablement augmenté en raison de l’émergence d’une nouvelle forme.
— Est-ce que vous voulez que j’appelle quelqu’un ?
Je lève les yeux vers l’oncologue. Elle doit voir ce genre de cas tous les jours.
— Non, merci.
J’ai préféré venir seul à ce rendez-vous malgré les recommandations de mon médecin, je me doutais bien de l’annonce que cette oncologue me ferait et je savais que ma femme serait dévastée si elle était venue. Je me sentais incapable de gérer ses émotions et les miennes en même temps.
— Vous ne devriez pas rester seul. Un infirmier va rester avec vous, le temps que quelqu’un passe vous chercher.
Compatissante, n’est-ce pas ? A vrai dire, elle n’a pas le choix. Elle risque d’être poursuivie si elle laisse un patient rentrer seul chez lui après lui avoir annoncé cette maladie. En effet, de nombreux cas de suicides sont répertoriés dans les quarante-huit heures. Elle m’escorte vers la salle d’attente et se dirige vers le bureau des infirmières. Quelques instants plus tard, elle revient avec un homme, à peu près de mon âge. Elle me le présente et me dit au revoir mais je ne l’écoute pas.
Je sors mon téléphone portable et je parcours mon répertoire à la recherche de la bonne personne, j’hésite. J’opte finalement pour Tony, un vieux copain de la fac, je ne sais pas pourquoi c’est lui que je choisis, je ne l’ai pas revu depuis des années. Peut-être parce que j’aimerais revenir en arrière, j’avais vingt ans et la vie devant moi. J’en ai quarante-cinq à présent et je vais mourir, il me reste quelques semaines, peut-être quelques mois, ce sont les statistiques. C’est injuste. J’ai envie de pleurer mais je n’y arrive pas.
— Sam ?
La voix à l’autre bout du fil me rappelle ce que je suis en train de faire.
— Salut Tony.
— Ça fait un bail ! Qu’est-ce que tu deviens ?
Je vais mourir.
— Ça va. Je te dérange ?
— Euh… je suis au taf mais c’est bon, j’ai ouvert ma boîte donc je suis mon propre patron.
— Félicitations.
— Je te l’avais pas dit ?
— Non…
— C’est vrai qu’on s’est pas vus depuis longtemps.
Je me jette à l’eau, cet échange de politesse en devient insupportable.
— J’ai un gros service à te demander, est-ce que tu pourrais venir me chercher à l’hôpital ?
— A l’hôpital ?
— Oui, je sors d’un rendez-vous avec mon ophtalmo, il dit que je devrais pas conduire.
Je ne sais même d’où je sors ce mensonge, ça m’est venu tout seul.
— Euh… quel hôpital ?
— Saint-Anne. Je suis vraiment désolé de t’embêter, ma femme est partie voir sa sœur, elle ne rentre pas avant tard ce soir.
Un autre mensonge.
— T’es pas trop pressé ?
— Non, j’ai le temps.
Mes jours sont comptés, je n’ai vraiment pas le temps.
— J’ai deux, trois trucs à régler ici avant de partir mais je peux être là dans une heure.
— Je t’attendrai à l’entrée principale. Merci.
— De rien, à tout à l’heure.
Il vient de raccrocher, je garde quelques secondes le téléphone contre mon oreille. L’infirmier est assis à côté de moi et va sûrement me parler. Je n’ai pas envie de parler. Je finis par enfouir mon cellulaire dans la poche de mon manteau.
— Il fait déjà très froid pour un mois de novembre.
Je m’en fous.
— Oui, c’est vrai.
— Vous avez déjà mis vos pneus d’hiver ?
— Non.
— J’ai appelé plein de garagistes, ils sont débordés. Et avec mes horaires de travail, c’est pas facile.
Je m’en branle de tes histoires !
— Est-ce qu’on peut descendre à la réception principale ? C’est là qu’on vient me chercher.
— Si vous voulez. Attendez-moi, je vais prévenir ma collègue.
Les minutes passent. Je repense à tout ce qui s’est passé, pourquoi j’en suis là aujourd’hui. Tout a commencé vingt ans plus tôt.
L’Occident était plongé dans une grave crise économique, une nouvelle fois. Alors que la Chine devenait la première puissance mondiale, les Etats-Unis ne parvenaient pas à se relever. Les guerres menées contre l’Iran et le Pakistan avaient coûté des centaines de milliards de dollars et accessoirement la vie de milliers d’hommes. C’est dans ce climat morose qu’un endocrinologue d’Atlanta, le professeur Barry Caldwell, un inconnu à l’époque mais aujourd’hui tristement célèbre, a annoncé une découverte révolutionnaire. Une hormone de synthèse baptisée le Nartolex.

Quelques minutes plus tard, je suis assis dans la salle d’attente de la réception. Je tiens un magazine entre mes mains mais je ne le lis pas vraiment. Je m’en balance des obsèques de Madonna. Elle meurt dans son lit à quatre-vingt-six ans et le monde entier est ému. Je vais mourir à quarante-cinq ans et le monde ne le saura même pas. J’ai envie de déchirer ce torchon, ça me défoulerait. Mais cela finira par entraîner une discussion avec l’infirmier, je crois que je préfère m’en passer. Tiens, la bourse. Stable. Difficile de descendre plus bas de toute manière. Aujourd’hui, les gens préfèrent épargner, même à des taux d’intérêts négatifs, c’est bien moins risqué. Les plus craintifs ne déposent même plus leur argent dans les banques et les gardent sous leur matelas ou dans un coffre-fort. Pas bête. Je n’ai pas réussi à économiser beaucoup durant ma vie, j’ai toujours été dépensier et ma femme aussi. Je ne le regrette pas à présent car c’est bien connu : on n’a jamais vu un corbillard avec un coffre-fort dessus. Pourtant, j’aimerais laisser à Diane plus que des dettes. Notre fils a toujours eu tout ce qu’il souhaitait, on l’a pourri gâté. Bien mal nous en a pris. Il est devenu un sale égoïste. Depuis qu’il a quitté la maison il y a deux ans, il ne donne pratiquement pas de nouvelle. Quand il saura que je suis malade, il viendra certainement me voir juste pour s’assurer que je le couche sur le testament. S’il apprend que je suis fauché, il ne viendra peut-être même pas. Est-ce que j’ai été un père si merdique que ça ?
Tout ça c’est la faute du Nartolex. Plus de temps pour vous et votre famille. C’est ce que la pub disait. Mon cul ! Bien sûr, j’ai été séduit au début, comme tout le monde. Une hormone capable de réduire considérablement les besoins en sommeil, de quoi vous faire rêver. A la base, elle a été développée pour l’armée, afin que les soldats sur le front puissent rester éveillés plusieurs jours de suite. Mais des businessmen ont vu une opportunité et entrepris une commercialisation à large échelle. Avec une injection de Nartolex toutes les deux semaines, dormir deux heures par nuit ou six heures toutes les trois nuits était largement suffisant pour récupérer. Le prix de ces injections était très élevé au début et les premiers à l’adopter ont été les chefs d’entreprise et cadres supérieurs. Mais rapidement, ces prix ont baissé permettant également aux petits ouvriers de se l’offrir. En quelques mois, des millions d’Américains ont adopté le Nartolex. Plus de temps pour travailler, plus de temps pour produire et surtout plus de temps pour consommer. Quel meilleur plan de relance économique ? A court terme, probablement aucun. Mais à long terme, c’est une autre histoire… Les effets ont fini par se tasser. Et puis l’utilisation du Nartolex devait rester un libre-choix, ce qui n’était plus le cas. Les patrons d’entreprises préféraient engager des utilisateurs et les faire travailler plus longtemps que d’embaucher plus de personnel et supporter également plus de charges sociales. Le nombre de chômeurs a rapidement pris l’ascenseur. Les opposants au produit ont mené une action en justice qui est allée jusque devant la cour suprême. Celle-ci a finalement décidé de limiter les heures supplémentaires et d’interdire la discrimination à l’encontre des non-utilisateurs. Comme j’aurais aimé rester dans ce camp-là.
J’ai commencé à prendre le Nartolex environ deux ans après sa commercialisation. Je travaillais alors comme architecte associé dans une boîte qui a aujourd’hui mis la clé sous la porte. On venait de me confier mon premier gros projet en solo : réaliser les plans de l’immeuble qu’une multinationale souhaitait construire. Ses dirigeants souhaitaient démarrer la construction au plus vite et attendaient des propositions de différents architectes de la région. Je devais bosser comme un malade pour finir les plans dans les temps, je me suis dit que le Nartolex pouvait être la solution. Ce devait être temporaire. J’ai finalement décroché le contrat et même obtenu une promotion. Et qui dit promotion dit plus de responsabilités, je devais être opérationnel à trois cents pour cent. J’ai donc continué à m’injecter cette saloperie, encore et encore.
— Hey ! C’est moi, Tony.
Il vient d’arriver. Je me lève et il me donne l’accolade.
— Salut !
— Tu me vois ou bien c’est encore flou ?
— Comment ça ?
— Tes yeux.
— Ah ! Oui, c’est déjà beaucoup mieux qu’avant.
— C’est bon de te revoir, je t’ai presque pas reconnu.
— Toi tu n’as pas changé.
C’est vrai. Le petit enfoiré de Tony. Le temps a été clément avec lui. Il a encore une silhouette de jeune homme et seules quelques petites rides autour de ses yeux le trahissent. Et encore. On lui donnerait maximum trente-cinq ans. A côté, je ressemble déjà à un vieillard. Pourtant nous avons le même âge.
— Je vous laisse alors, me dit l’infirmier. Au revoir.
Il me serre la main et retourne vers les ascenseurs.
— Qu’est-ce qu’il faisait avec toi ? s’étonne Tony.
— Oh, rien, je connais sa sœur, il était en pause, il m’a vu et on a discuté un moment.
— O.K. Alors on y va ?
— C’est parti.

Un peu plus tard, nous sommes sur l’autoroute. Tony conduit une voiture hybride, rien d’étonnant le connaissant. Il est depuis toujours très soucieux de l’environnement. Déjà, durant nos études, il en tenant compte dans ses travaux, c’était l’un des seuls étudiants à le faire : comment intégrer la construction dans le paysage, comment préserver les espaces verts en ville, etc. Je le charriais d’ailleurs un peu pour tout ça, mais finalement ça lui a plutôt réussi. Il a mis ce côté-là en avant dans la boîte qu’il a montée et pas mal de clients y sont sensibles aujourd’hui, ce qui n’était pas le cas il y a vingt ou même dix ans. Pendant qu’il me raconte tout sur son boulot, je l’écoute d’une oreille distraite.
Les premiers cas de tumeurs hypophysaires induites par le Nartolex ont été observés sur des vétérans. Le produit n’a pas été mis en cause immédiatement, officiellement ils avaient été en contact avec des produits radioactifs durant la guerre. L’armée devait très probablement soupçonner l’hormone mais c’était plus simple pour eux de dissimuler la vérité que de reconnaître leurs torts. C’est ce qu’ils ont fait pendant près de cinq ans. Pendant ce temps, des millions d’Américains continuaient à s’injecter cette merde. J’en faisais partie. C’est seulement quatre ans plus tard, quand les premiers cas dans la population sont apparus, que le Nartolex a été incriminé. Le professeur Caldwell a vu ses recherches passées au peigne fin. Un de ses assistants a fini par balancer la vérité, des essais pratiqués sur des singes avec de très hautes doses ont induit de tumeurs hypophysaires chez environ 4% des sujets. Or, le professeur lui avait demandé de ne pas publier ces résultats. Un procès civil a très vite été entrepris contre Caldwell qui a fini par avouer qu’il avait caché ces résultats à cause de pressions exercées sur lui par des politiciens et qu’il ne pensait pas que les humains développeraient ces tumeurs car les doses étaient beaucoup plus faibles et qu’il n’avait pas de raison de soupçonner un risque cumulatif. Malgré tout, le professeur est devenu l’homme le plus détesté de l’Amérique et a fini par se suicider, peu de temps avant l’annonce du verdict de son procès. Il ne pouvait sans doute pas supporter ce qu’il avait fait. Quant au Nartolex, il a été retiré de la ventre dès que la presse a commencé à faire ses unes sur les personnes mourant de ces tumeurs. Bien sûr, l’hormone continue à circuler, c’est devenu un business très lucratif pour les dealers.
— Je parle, je parle, mais toi tu dis rien, tu bosses sur quoi en ce moment ?
Je ne réalise pas tout de suite qu’il m’a posé une question, je ne l’intègre qu’au bout d’un moment. Est-ce que la maladie est déjà en train de me ramollir mon cerveau ? Génial…
— En fait, sur rien de particulier. J’ai pris une année sabbatique.
En fait, on m’a viré, ça fait bientôt six mois.
— Quel veinard ! T’avais mis des sous de côté ou quoi ?
— Un peu ouais.
— J’aimerais bien faire pareil mais là c’est fichu depuis que je suis le patron. Et la famille, ça va ? Ton fils, c’est quoi son nom déjà ?
— David.
— Qu’est-ce qu’il fait ?
Bonne question. Depuis le temps que je ne l’ai pas vu. Mais avec aucun diplôme et dans cette économie, la réponse la plus probable serait de la contrebande.
— Il bosse dans l’import-export. Et toi, t’as des enfants maintenant ?
— Et non, malheureusement. Ou heureusement peut-être, j’ai divorcé.
— Ah ! Désolé.
— Ne le sois pas, c’est mieux ainsi. Du coup, j’ai quarante-cinq ans et je recherche toujours la femme de ma vie et la mère de mes enfants.
— T’as encore le temps.
— Ouais, mais les années filent, tu sais.
Elle ne vont pas continuer à filer bien longtemps en ce qui me concerne. J’ai ressenti les premiers symptômes de ma maladie il y a quelques mois, trois ans après avoir arrêté de m’injecter le Nartolex. Ça a commencé par une fatigue, des sueurs nocturnes, l’impression d’avoir toujours trop chaud. Diane me disait que j’étais tout rouge et brûlant. Mais je banalisais. Je pensais que ça allait passer tout seul. Et puis je n’arrivais plus à bander, là je me suis sérieusement inquiété. J’ai consulté mon médecin, sans en parler à ma femme. Il m’a donné du Viagra et proposé de faire un IRM cérébral, par précaution. Quand il m’a dit qu’il y avait quelque chose de suspect, une masse, et qu’il m’adressait à une spécialiste, j’ai rapidement compris de quoi il retournait. J’ai lu tout ce que j’ai trouvé sur Internet à propos du Nartolex et des tumeurs dont la presse avant tant parlé. J’ai notamment découvert qu’avec ma durée d’utilisation de l’hormone, mon risque d’en développer une était de deux pour cent. Une chance sur cinquante. Il a fallu que ça tombe sur moi.
— Je me souviens plus, je dois tourner à gauche ou à droite au prochain croisement ?
Nous sommes pratiquement arrivés, j’habite dans une banlieue pas vraiment chic.
— A gauche, c’est juste là.
Ma maison ressemble à des dizaines d’autres. Elle n’est pas vraiment jolie. En fait, ce n’est même pas vraiment ma maison puisque la banque en possède la moitié.
— Tiens, c’est allumé, t’avais pas dit que ta femme n’était pas là ?
— Elle a dû rentrer plus tôt que prévu. Est-ce que tu veux dîner avec nous ou juste prendre un verre ?
— Non, c’est gentil, mais je peux vraiment pas. J’ai un rencard avec cette fille que j’ai rencontrée sur le net. Peut-être une autre fois.
— O.K. Merci encore d’avoir été mon chauffeur.
— Pas de problème. Embrasse Diane pour moi.
— Ce sera fait. Bonne soirée !
— A toi aussi.
La voiture recule et repart dans la direction d’où elle venait. Je la regarde s’éloigner. C’est la dernière fois que je vois Tony. Un pressentiment. Il a été une personne marquante dans ma vie à une certaine époque. Est-ce que je l’ai marqué, moi ? Je ne le saurais sans doute jamais.
Je prends une profonde respiration. La nuit est tombée mais l’air est encore doux. Je me sens bien. C’est étrange, je n’avais pas ressenti ça depuis longtemps. Je respire, je suis vivant. Peut-être plus pour longtemps mais peu importe.
Je dois profiter du temps qu’il me reste. Je ne veux pas le passer à en vouloir à la terre entière. Je veux être heureux. Alors que la voiture de Tony disparaît au loin, j’ai l’impression que toute ma colère est partie avec elle.
— Il me semblait que j’avais entendu une voiture s’arrêter.
Diane vient d’arriver juste derrière moi, je la regarde, elle est toujours aussi belle et je l’aime toujours autant. J’ai partagé vingt-trois ans de ma vie avec elle et je ne regrette absolument rien. Je m’approche et je l’embrasse.
— Je t’aime.
— Moi aussi mais où est passée ta voiture ? Qui t’a déposé ?
— Rentrons. Je vais tout t’expliquer.
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Re: [Texte] Révolution - Nartolex

Message  Meylleen le Dim 19 Juin - 10:45

Je n'avais jamais eu l'occasion de lire ce texte, mais c'est avec plaisir que je retrouve ta plûme. Comme pour Suspected, j'aime beaucoup ton style et franchement ça ne se voit pas du tout que ça a été écrit à toute vitesse. Bien au contraire.
On se sent dès le début aux côtés de Sam, on suit ses pensées et on compatit facilement à sa situation.

Pour ce qui est du contexte, j'ai bien aimé apprendre ce qui était arrivé au monde et à la société suite à l'arrivée du Nartolex. Ca pourrait faire un bon point de départ pour une histoire plus longue, je ne serais vraiment pas contre en apprendre davantage sur ce monde et son évolution.

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