Scène inédite

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Scène inédite

Message  Edorra le Lun 5 Aoû - 15:16

Comme je suis en train de préparer l'histoire pour l'édition, j'ai étoffé certains passages.
Je vous offre donc une scène inédite qui se place juste à la fin du premier épisode (chapitre 5 de la version papier), quand Devon et Océane se sont avoués leurs sentiment dans la cuisine. Voici la suite direct du point de vue d'Océane.

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OCÉANE
Devon m’observe en silence. Je lis le doute et l’hésitation dans son regard. Comme moi, il ne sait plus comment agir. On ne sait pas comment gérer ce désir qui est né entre nous. Alors on se dévisage sans rien dire, sans trouver comment aborder la discussion.
Finalement, il soupire.
— On devrait s’asseoir.
Il me désigne la table d’un mouvement du menton. J’acquiesce et m’assois dos à la porte. Il va s’installer face à moi. Le silence reprend sa place. Mon frère tente plusieurs fois de prendre la parole, mais s’arrête à chaque coup.
De nouvelles larmes me montent aux yeux. Est-ce que ce sera ça désormais nos relations ? Ne plus savoir comment se parler ?
Désemparée, je laisse tomber ma tête sur la table, tout contre mes mains. Mon geste provoque le cri surpris de Devon.
— Ne t’en fais pas, Océane. On va trouver une solution.
— Vraiment ? J’ai envie de toi, Devon. Je ne vois pas ce que je peux faire contre ça. Une lobotomie, tu crois que ça marcherait ?
— Océane, me reprend-il d’une voix sèche.
Ma dernière phrase ne l’a clairement pas amusé.
Je me redresse pour croiser son regard rivé sur moi. Un maelstrom d’émotions s’y cache : colère, dépit, tendresse et oui, aussi du désir.
Je lui demande d’une voix plus rauque que je ne le voudrais.
— Quelle solution proposes-tu ?
Il se mord les lèvres quelques secondes avant de répondre.
— On ne doit pas aller plus loin. Ce serait… mal.
Je hoche la tête. Je comprends son discours, même si ça me tord les tripes.
— Je me maitriserai.
Un triste sourire étire ses lèvres.
— Je sais que tu le ferais, tout comme moi. Mais ça me déchirerait le cœur de te voir comme ça. Non, le mieux, c’est que je m’éloigne. Si je le lui demande, je pense que papa serait d’accord pour m’envoyer en pension.
J’ouvre des yeux catastrophés.
— Tu veux partir ? Non, Dev, ne me laisse pas !
Il esquisse une grimace désolée et pose sa main sur la mienne.
— Éli, ce ne serait que provisoire. Juste le temps que ça nous passe.
Mes larmes ont trouvé le chemin de la sortie et coulent dorénavant sur mes joues.
— Je me retrouverais seule avec Papa. Ce serait pire que l’enfer pour moi.
La main de Devon a commencé à jouer avec la mienne, tentant de me rassurer par ses caresses.
— Je suis sûr qu’il te laisserait tranquille. Tu aurais la maison pour toi toute seule.
Le sens de ses mots m’échappe un peu, toute ma concentration s’étant dirigée vers les terminaisons nerveuses de mes doigts. Le toucher de Devon est plus qu’obsédant. Je sens ma température interne grimper de quelques degrés, et mon ventre se crisper. Un frisson me parcourt.
Je reporte mon attention vers Dev. Son regard me retransmet la même fièvre que la mienne.
Il a raison, on doit tout arrêter avant qu’il ne soit trop tard, mais ça devient de plus en plus dur.
Je me dégage soudain et me lève brusquement.
— Je ferais mieux d’aller me coucher.
Il se secoue, comme s’il venait juste de sortir d’un sortilège.
— Oui, il vaut mieux.
J’acquiesce vigoureusement, avant de me détourner et de sortir de la cuisine.
C’est ce qu’il y a de mieux pour tout le monde. Et pourtant, le manque me serre davantage le cœur à chaque nouveau pas.
Je parcours quelques mètres avant de craquer et de rebrousser chemin en courant. Je tombe dans les bras de Devon qui accourait vers moi lui-aussi. Il plonge un regard surpris dans le mien, puis m’embrasse passionnément. Je lui réponds de la même façon, et aussitôt un certain soulagement m’envahit. Je glisse ma main dans la nuque de Dev, caresse ses cheveux, le rapproche de moi.
Un grognement satisfait lui échappe alors qu’il pose ses mains sur mes hanches.
— Océane, c’est mal… murmure-t-il entre deux baisers.
— Je sais, mais ça paraît si bon…
Nous continuons à nous embrasser. En moi, la tempête de la passion s’est déchaînée, m’empêchant de penser que c’est à mon frère que je suis collée ainsi. Je devrais en être mortifiée. Une partie de moi l’est d’ailleurs, mais je n’arrive plus à l’écouter. La seule chose qui compte, c’est qu’actuellement, je me sens bien, plus vivante et heureuse que je ne l’ai jamais été.

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